Apprendre à mieux gérer les conflits

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Apprendre à mieux gérer les conflits 
En quoi des confits peuvent être des opportunités dans la vie ?  
  
Les conflits peuvent servir à assainir une situation qui resterait « pourrie » autrement. Souvent, on n’ose pas aborder les sujets qui fâchent… Ce serait la meilleure manière de ne jamais rien résoudre et que les rancoeurs et exaspérations se durcissent !
 
 
 Peut-on apprendre à mieux gérer les conflits ? Comment ? 
 
Oui, il y a des méthodes qui fonctionnent très bien, à condition que les deux protagonistes soient ouverts d’esprit. Ce qui est le plus souvent le cas. En effet, presque tout le monde souhaite être heureux, et avoir des relations agréables, que ce soit au travail ou en famille… mais tout le monde (nous aussi !) fait ce qu’il peut, ce qu’il sait, selon son éducation, ses expériences, son cadre de références…
J’insiste : il est essentiel d’avoir un apriori positif sur l’intention de son interlocuteur. Ensuite, il est nécessaire d’appliquer une méthode très sincèrement et très justement, sans attendre que l’autre soit lui aussi au courant de cette méthode.
Pour se trouver dans le meilleur état d’esprit possible, il est important aussi de ne pas mélanger les sujets d’exaspération: par exemple, si on a eu une difficulté au travail, ne pas apporter sa mauvaise humeur à la maison et vice-versa. Pour cela, on peut s’entraîner à vivre de plus en plus dans le moment présent, à se rendre de plus en plus disponible aux personnes qui nous entourent, à vivre vraiment « ici et maintenant ». 
On peut aussi bien réaliser à quel point, quand on est énervé, on a moins de patience, moins de tact, moins d’humour… Pratiquer régulièrement la méditation ou se préserver des temps pour soi, de sport, de lecture, de musique, de détente… c’est à dire prendre soin de son écologie interne sera grandement utile !
Ensuite, il s’agira de bien prendre le temps d’analyser ce qui se joue réellement dans la situation conflictuelle: « est-ce que je suis triste ? est-ce que j’ai peur ? est-ce que je suis en colère ? ». Quels sont mes besoins contrariés pour que ça me fasse ainsi réagir et m’énerver ?
Et seulement alors, se poser la question de savoir comment je peux exprimer mes besoins et mes sentiments sans débordements ni accusations. Et prendre aussi le temps de rechercher une proposition constructive suffisamment bonne pour les deux partis !

Quand la tension monte, que faire pour ne pas envenimer la situation ? 
Il s’agit d’avoir vis à vis de l’autre, l’attitude que nous aimerons qu’il ait vis à vis de nous-même. Nous pouvons entendre qu’on n’est pas d’accord avec notre point de vue, nous pouvons entendre que l’autre n’a pas les mêmes besoins que nous, nous pouvons entendre des propositions constructives qui respectent notre personne… Nous ne pouvons pas entendre qu’on nous accuse de mauvaise foi, qu’on ne tienne pas compte de ce qui est indispensable pour nous, qu’on nous méprise sans même avoir vraiment pris le temps d’écouter ni de comprendre notre point de vue… Nous pouvons lâcher ou assouplir une exigence lorsque nous comprenons pourquoi on nous demande un effort… pas lorsqu’on veut prendre sur nous le dessus en force.
 
   Avez-vous un dernier conseil à partager avec nous sur la gestion des conflits ? 
Soyez sincère, positif et confiant pour offrir une véritable porte de sortie honorable à chacun. Prenez le temps d’écouter vraiment le point de vue de l’autre car chacun est légitime dans sa manière de ressentir les choses, chacun a son point de vue, son cadre de références, ses besoins.
Recherchez des solutions plutôt que la victoire !
 
… Et si, vraiment, vous ne trouvez pas ensemble de solution, c’est peut-être que les points de vue sont incompatibles et que ce serait inutile d’insister et de vouloir faire durer une relation qui ne peut pas fonctionner. 
Marie Jeanne Trouchaud 150a0
 Marie-Jeanne Trouchaud,
Praticienne et chercheuse, dans une incessante quête de savoirs pratiques et théoriques, de connaissances pour comprendre et accompagner.
Je me définis comme une militante de l’être humain.
Mes principaux sujets de recherche sont l’aide à la parentalité, émotions et confiance en soi, écoute et relation d’aide, gestion de l’agressivité et de la violence, emprise et perversité, travail en équipe et la gestion de crise et conflit. Depuis 25 ans, j’anime des stages de formation professionnelle et supervisions d’équipes.
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