Ne plus avoir peur de quitter son job

Cet article est un extrait de Passion d'Apprendre Magazine (vous pouvez le télécharger intégralement et gratuitement sur ce lien : https://passiondapprendre.com/Passion_d_Apprendre/m-Magazine-magazine )

Ne plus avoir peur de quitter son job

Quand Emilie, la rédactrice du magazine Passion d'Apprendre, m’a contacté pour me proposer d’écrire un article pour Passion d’Apprendre, je lui ai suggéré la thématique du travail. Plus précisément, de mettre l’accent sur un aspect qui concerne bon nombre d’entre nous :
Ne plus avoir peur de quitter son emploi salarié pour se lancer dans l’entreprenariat.
Quelle brillante idée, j’en étais convaincu.
Enfin, ça, c’était au début. Puis après quelques jours, je me suis dit :
« La France et son économie traverse une crise sans précédent, nous sommes confinés selon le bon vouloir de notre gouvernement, des milliers de commerces sont condamnés à fermer, les faillites vont exploser, les entreprises licencient à tour de bras, le nombre de chômeurs explose et toi, tu vas expliquer aux gens que c’est le moment de se lancer, de tout plaquer et d’être confiant en l’avenir… »
Dans un sens, c’est comme si votre conseillé financier voulait vous refourguer des actions Club Med ou Air France tandis que le tourisme et les vacances ne sont plus du tout à l’ordre du jour.
Du grand n’importe quoi. Niveau de crédibilité : - 10 en dessous du niveau de la mer.
Mince ! Comment vais-je pouvoir tourner cet article de façon positive sans passer pour un doux rêveur ou un hurluberlu ?
D’ailleurs, pour la petite anecdote, j’avais aussi suggéré à Emilie un article sur le voyage…
De mieux en mieux ! Le type complétement à côté de la plaque.
S’adapter ou subir
Et puis, le temps passant, j’ai eu comme une illumination, un déclic, une évidence :
« Tu te plantes complétement dans ton raisonnement. Cette crise nous révèle tout le contraire : c’est le moment idéal pour se lancer à son propre compte. »
Et j’ajouterai : devenir indépendant n’est plus une option, mais une obligation.
Et là vous vous dites : « Mais qu’est-ce qu’il me raconte là ? »
Je m’explique :
Cette crise violente et inédite a en réalité accéléré une tendance vouée à devenir la nouvelle normalité de ce monde :
Le salariait n’a plus d’avenir. Il est voué à disparaître progressivement.

Pourquoi ?
Pour plusieurs raisons, dont en voici les deux principales (à mon sens) :

1.    La fin de la journée de travail traditionnelle.

Si vous occupez ou avez déjà occupé un emploi administratif dans un bureau, que ce soit dans le public ou le privé, vous avez forcément fait ce constat : la majorité des gens pourraient boucler leur travail journalier en 3 heures, mais comme ils sont payés à l’heure et contraints de rester sur place 7 ou 8 heures quoi qu’il arrive, ils sont conditionnés à meubler le temps.
Résultat, ils surfent sur internet, ils multiplient les réunions inutiles et les pauses café, ils simulent d’être débordés et ralentissent intentionnellement leur productivité.
Je vais vous raconter une anecdote qui m’a marquée :
Après avoir terminé mes études, j’ai enchaîné les missions d’intérim. L’une d’entre elles s’est déroulée dans le service RH d’une grosse société semi-publique.
Un matin, la DRH me confie une mission de classement de dossiers. Le truc basique. En une demi-journée, j’avais tout bouclé, tout fier de moi. C’est alors que les deux employées qui travaillaient dans le même service que moi viennent me voir discrètement et me disent mot pour mot :
« Tu vas trop vite. Un tel travail, tu dois le faire durer 2 ou 3 jours. »
Traduction : « Si la DRH s’aperçoit que l’on peut faire en quelques heures ce que nous nous faisons en 3 jours, tu vas nous faire griller et elle va rapidement comprendre que le service n’a pas besoin de deux salariés à plein temps pour accomplir le job. »
Et ça, les entreprises le savent très bien. Elles l’ont longtemps toléré pour la paix des ménages et parce qu’elles étaient quand même rentables, mais ça, c’était avant. Le monde change.
Désormais, voici ce qui va probablement arriver (et qui a déjà commencé) : les entreprises vont licencier massivement, arrêter de payer leurs salariés à l’heure, mais à la tâche et surtout, faire de plus en plus appel à des freelance plutôt que d’embaucher.

2.    L’automatisation des tâches
Cela ne vous a pas échappé, les bras et le cerveau des hommes sont petit à petit supplantés par les machines et l’intelligence artificielle.
Ça a commencé par les agriculteurs, puis nous sommes passés aux ouvriers et aujourd’hui, c’est le tertiaire et les services qui se retrouvent écrasés par le rouleau compresseur de l’automatisation.
Je ne vais pas vous parler des caissières, condamnées à mort par les caisses automatiques (et encore, ce n’est que le début. Amazon teste depuis quelques années des magasins sans caisses automatiques : vous remplissez votre charriot et en passant entre deux bornes, tous vos produits sont scannés en 1 seconde et vos achats débités sur votre smartphone dans la foulée, sans l’intervention d’une main ou d’un cerveau humain.)
Non, parlons d’un métier qui se croyait à l’abri : les comptables.
J’ai travaillé pendant plus de 10 ans dans une grande entreprise et en collaboration avec le service comptabilité clients.
Avant, les comptables créaient manuellement l’ensemble des factures via un logiciel informatique dédié.
Puis un beau jour, une nouvelle technologie est apparue : la facturation automatique.
Le principe : en se basant sur un contrat passé avec un client, l’outil informatique était capable de facturer sans intervention humaine. Au début, cela concernait 10 % des factures émises. Puis ce chiffre est passé à 20, puis à 30.
Fort heureusement pour eux, les employés avaient encore de quoi faire. Car même si la « machine » facturait toute seule, il fallait quand même imprimer la facture, la mettre sous pli et l’adresser au client, par courrier ou par e-mail.
Mais voilà qu’un beau jour, un nouveau processus a vu le jour : la dématérialisation. 
Concrètement, voilà ce qu’il se passait : le programme créait la facture tout seul puis l’envoyait (tout seul) à son homologue virtuel via un flux d’échanges de données informatisées.
Rapide, garanti sans erreurs et peu coûteux. Le paradis du Cac 40 !
Dans ce service comptable dont je vous parle, il y avait 8 salariés à temps plein payés pour facturer. À votre avis, il en restera combien d’ici à 5 ou 10 ans au rythme où évolue la technologie ?

3.   Se préparer au jour d’après
Voilà pourquoi, être indépendant nous permet de prendre un coup d’avance et de nous positionner favorablement dans ce nouveau monde qui s’installe pas à pas.
Alors, peut-être que certains vont me dire : « Ce nouveau monde, je ne l’aime pas, je n’en veux pas ! »
Vous avez peut-être raison… Mais la question n’est pas là. On peut détester la tournure que prennent les choses, et croyez-moi, je suis le premier à haïr cette uberisation et cette déshumanisation du monde.
Mais si l’on veut y résister et peut-être un jour renverser la vapeur et changer les choses, c’est seulement si nous sommes indépendants financièrement et intellectuellement que nous y arriverons.
Quand notre survie et notre repas du midi dépendent de l’État ou d’une grosse société, notre pouvoir d’action est considérablement réduit, voire anéanti. Car combattre celui qui nous nourrit, c’est se condamner à mourir avec lui.
Par contre, si nous ne dépendons que de nous-même, c’est une autre histoire. La peur s’estompe et la dépendance disparaît.
Alors, lancez-vous ! Jetez-vous dans le bain !
Mais je ne vais pas vous mentir, l’indépendance se paye, rien n’est gratuit.
Si vous croyez que la question elle est vite répondue et que 3 mois après avoir quitté votre job et fondé votre entreprise vous allez vous la couler douce dans un 5 étoiles de Bangkok en bossant 30 minutes par jour, vous vous trompez lourdement.
Non, entreprendre, s’émanciper, c’est prendre des risques, c’est se planter, être incompris et jugé. C’est bosser 80 heures par semaine pour réaliser qu’on s’est gouré et recommencer, c’est encaisser les coups durs, c’est se remettre en question, se démotiver, perdre la foi mais ne jamais abandonner. Car le jeu en vaut la chandelle.
D’échec en échec jusqu’à la victoire !
Loukas montclar
Loukas Montclar,
Salarié depuis 15 ans, je décide en 2018 de poser un congé sabbatique de 8 mois pour parcourir l’Asie. Ce voyage fut une révélation, une expérience extraordinaire : installer à Kuala Lumpur, j’écris Le Pouvoir de l’Agenda, un guide destiné à ceux qui veulent reprendre leur vie en main. Puis quand le voyage s’achève, je décide de quitter mon job et de créer mon propre business. Je suis lancé, l’aventure doit continuer !
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