Comment préparer au mieux son examen oral ?

Cet article est un extrait de Passion d'Apprendre Magazine (vous pouvez le télécharger intégralement et gratuitement sur ce lien : https://passiondapprendre.com/Passion_d_Apprendre/m-Magazine-magazine )
chacun peut trouver aisance, efficacité et charisme en prenant la parole en public et, en particulier, lors d’examens oraux.
Nous sommes tous des éponges
Nous saluons notre entrée dans ce monde par un cri strident. Quand le cordon ombilical est coupé, l’air pénètre dans les poumons et provoque ce cri, une façon aussi de clamer notre arrivée au monde. Enfant, notre parole est souvent affirmée. Puis, au fil des ans, l’éducation fait son travail par trois biais qui se renforcent :
-          Le milieu familial : il exerce une influence durable et parfois sournoise (tant elle nous habite sans que nous lui prêtions attention). Nos parents ont pu nous répéter des phrases telles que « tais-toi », « ne dérange pas », « tu parleras quand on t’y aura invité », « sois gentille » etc… Ils ont pu aussi ne pas s’intéresser à notre parole, ne pas la valoriser. L’ensemble de ces comportements laissent des traces en nous et dès lors l’exercice de la parole nous devient difficile.
-          Le système éducatif : il est plus en quête d’une parole récitante que d’une parole qui exprime notre pensée singulière. A l’école, la parole est trop souvent verticale et l’on apprend que parler c’est dire ce que l’autre souhaite entendre. Souvent , l’estime de soi est abimée tant les difficultés et même les échecs sont davantage mis en avant que les réalisations. C’est le fameux « peut mieux faire » inscrit sur les copies ou en bas du bulletin scolaire qui nous apprend que nous ne sommes rarement assez bien ou bon.
-          Le terrain judéo-chrétien : il renforce ces influences en nous invitant à nous mettre en retrait, à ne pas parler de nous pour éviter toute arrogance.
Enfant, nous sommes des éponges et absorbons ces influences qui perdurent en nous tant que nous n’allons pas les y déloger.
 
Se raconter la bonne histoire
Nous sommes tous capables d’être intéressant, percutant et inspirant à l’oral. Pour cela, il faut dénicher notre dialogue intérieur c-à-d l’histoire intérieure que l’on se raconte à notre propos. Elle provient des influences subies et nous désert trop souvent. Il peut s’agir de « je ne vais pas intéresser » ou « ma voix est trop faible, on ne m’entend pas » ou encore « je ne sais pas présenter mes idées » etc. Il s’agit de se donner les autorisations en se disant des phrases facilitantes et légitimes telles que : « j’ai des choses à raconter », « je suis capable d’intéresser mon auditoire ou le professeur » etc. En se racontant la bonne histoire, on renoue avec ses ressources, on se met dans une posture positive qui nous aidera à renouer avec la puissance de notre parole.
Comment faire si je suis timide ?
La timidité est souvent entourée d’une connotation négative. Etre timide n’est pas un problème en soi. Mieux, être timide peut devenir en force. Car quand le timide décide de s’exprimer, il le fait d’une autre place et il est souvent habité par un sens de l’urgence. La plupart des grands orateurs sont d’anciens timides qui ont travaillé. Rien n’est vraiment handicapant pour être captivant à l’oral dans la mesure où l’on assume qui l’on est avec simplicité et que l’on cherche à toujours faire de son mieux.
 
Comment préparer mon oral d’examen ?
Il existe 3 exercices principaux pour juguler le stress à l’oral. Lors d’un examen, il faut bien évidemment réviser ses matières mais, pour être au top, il faut également se préparer soi pour arriver dans les meilleures conditions :
-          La cohérence cardiaque : il s’agit d’un exercice de respiration, simple mais si efficace. Plus vous le pratiquerez, plus il vous apportera des bienfaits. Inspirez sur un compte de 5 secondes, puis expirez sur un compte de 5 secondes. Respirez avec le diaphragme et ce pendant 10 minutes pas jour si possible ; à défaut 5 minutes. Cet exercice détend votre corps en même temps qu’il rend votre esprit alerte. A pratiquer tous les jours et juste avant votre oral !
-          La visualisation créatrice : vous vous faites le film de votre oral, dans votre tête, et tout se passe au mieux dans ce déroulé. Vous ne devez pas être spectateur de ce film mais acteur. Vous devez inviter le stress et les émotions puis les canaliser puisque tout ce passe bien. Comme le cerveau ne fait pas la différence entre le vécu et ce qu’il imagine, il enregistre ce film au rang d’expérience ce qui va vous donner de l’assurance. Cet exercice est très efficace. Pratiquez-le tous les jours, pendant 1,30 à 2 minutes. Et même le matin de votre oral.
-          Révisez et répétez ! Quand on révise, notre conscience le sait et génère directement de la confiance. Rien ne remplacera ce travail de fond. Pensez aussi à répétez à voix haute pour pratiquer l’expression de vos idées. A force, une belle fluidité se manifestera qui rendra votre oral d’autant plus intéressant.
 
Ne vous laissez pas démobiliser
Un professeur passe beaucoup d’heures à interroger des élèves et chacun développe sa propre stratégie. Certains sont aimables, courtois et vous regardent droit dans les yeux. D’autres choisissent de vous « ignorer » non pas par manque de respect mais par économie émotionnelle. Donc, quelle que soit l’attitude du professeur, ne jugez pas, pensez plutôt qu’il a ses propres raisons. Gardez votre énergie dans la sphère positive et concentrez-vous pour donner le meilleur de vous-même.
 
Pensez présence 
L’objet d’un oral est d’évaluer vos connaissances mais, quoi qu’on en dise, votre présence influence le jugement sur votre prestation. L’idée n’est pas de surjouer votre personnage, bien au contraire, mais d’aller chercher le meilleur en vous. Des qualités comme l’enthousiasme, l’envie de transmettre, la sincérité et l’authenticité influenceront positivement vos examinateurs. Pensez également à manifester ces qualités dans votre corps en vous tenant droit, en décroisant vos bras et jambes, en regardant votre examinateur avec intérêt et sans oublier le sourire sincère quand le moment s’y prête.

  Portez vos mots
Pensez à articuler. L’articulation apporte un certain confort  à celui qui vous écoute (vous ne lui demandez pas de faire votre part en tendant l’oreille et décryptant vos propos). Elle permet aussi de donner du tonus à votre discours. La respiration fait également partie de l’oral. Rythmez votre intervention, faites des silences pour marquer des temps forts. Bref, rendez vous visible et audible, au service de votre message.
 
Comme le rappelle la célèbre citation d’Abraham Lincoln, « si je disposais de 6 heures pour abattre un arbre, j’en passerais 4 à affuter ma hache », la préparation est la clé du succès. La préparation, c’est à la fois apprendre ce qu’il nous est demandé de connaître mais c’est également se mettre dans la posture adéquate pour donner le meilleur de soi. Il faut également se préparer soi, ne pas viser l’impossible ou la perfection mais faire de son mieux. C’est ainsi que le succès se cultive. 
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Isabelle Calkins, 
Experte en communication, Isabelle Calkins, donne une tonalité nouvelle à l’oralité. Elle part de la singularité de chaque personne, lui permettant de déployer une parole inspirée et inspirante. Elle est l’auteure de « Prenez la parole, prenez votre place » aux éditions De Boeck et la fondatrice du programme en ligne www.jeparledoncjesuis.com
«Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites. » Marianne Williamson
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